L’image corporelle et ses répercussions sur la santé des femmes
Mieux comprendre les répercussions de l’image corporelle sur la santé mentale des femmes grâce aux conseils avisés d’une gestionnaire de cas et conseillère du personnel infirmier de Thérapie Inkblot.

Écrit par Elise Kayfetz

Publié le août 8, 2022
Three women of different ethnicity and body shape walk together on a beach while smiling.

La relation qu’entretiennent les femmes avec leur corps peut être compliquée, et la pandémie n’a certainement pas facilité les choses. Peut-être que votre jean préféré d’avant la pandémie ne vous fait plus, et que vous vous abstenez de sortir en raison de la honte que vous ressentez. Ou peut-être évitez-vous une rencontre tant attendue avec des amis parce que vous vous sentez mal dans votre peau en raison de la pression sociale. Si vous ou l’un de vos proches avez déjà dit : « je n’aime pas mon apparence », « j’aimerais ressembler à cette autre personne » ou « il y a quelque chose qui cloche chez moi », vous n’êtes pas seuls. 

Nous nous sommes entretenus avec Karma Stanley, gestionnaire de cas et conseillère du personnel infirmier d’Inkblot Therapy, qui a très à cœur les problèmes d’image corporelle et qui s’efforce de défendre l’inclusion du poids et la santé, peu importe la taille. Elle nous a parlé des problèmes d’image corporelle, notamment de leur influence sur la santé mentale et sur l’image corporelle en général, et de la manière d’améliorer son image corporelle et son estime de soi. 

Qu’est-ce que l’image corporelle? 

L’image corporelle est le reflet mental et émotionnel de la façon dont vous percevez votre apparence physique, de ce que vous ressentez lorsque vous vous regardez dans le miroir et de votre attitude par rapport à votre corps. L’image corporelle tient également compte des caractéristiques qui vous définissent. Mme Stanley nous a dit que, malheureusement, « les gens pensent à tort qu’il existe un poids idéal et qu’un surpoids est synonyme de mauvaise santé, ce qui est tout simplement faux. Nous devons simplement nous assurer de prendre les mesures nécessaires pour avoir un corps [physique] sain. » Selon elle, « les commentaires sur le poids, et la glorification de la minceur et de la musculature ont vraiment des effets stigmatisants néfastes sur notre cerveau. En réponse à ces derniers, nous essayons constamment d’atteindre un objectif qui n’est pas réalisable ou durable. » Mary Jelkovskyqui milite en faveur d’une attitude positive à l’égard du corps, souvent citée dans les conférences TED, rappelle que « notre corps n’est pas une image, mais une expérience. » 

Donc, comment faire de l’image corporelle une expérience positive? 

Image corporelle positive ou négative

L’image corporelle dépend de l’état d’esprit. Pour comprendre la différence entre une image corporelle positive et négative, Mme Stanley nous a raconté l’histoire d’une étudiante de son programme de soins infirmiers qui a dit : « Je me sens si grosse! » Son professeur lui a alors demandé : « Est-ce que tes jambes te portent tous les jours et t’amènent là où tu dois être? »

Grâce à cette question, Mme Stanley explique que son professeur a pu « déplacer l’attention que sa collègue portait sur des parties de son corps qu’elle n’aimait pas vers la reconnaissance de ce que son corps lui apporte. » Alors que sa collègue voyait son image corporelle de manière négative, son professeur lui a montré le côté positif et l’a encouragée à être reconnaissante envers son corps. L’image corporelle positive est de plus en plus valorisée grâce au mouvement de positivité corporelle, qui détourne le discours social du « corps parfait » ou du « corps idéal » pour accepter tous les corps, quels que soient leur taille, leur forme, leur genre ou leurs capacités physiques. Ce mouvement célèbre les vergetures, la cellulite et les rides du sourire, que Brittnee Blair, influenceuse sur les médias sociaux, connaît bien. Elle réfute les constructions sociales désuètes et éprouve « une envie si furieuse de vivre en [se] sentant bien dans [sa] peau que, espérons-le, cela incite les autres à en faire autant. » Une image corporelle positive est liée à une meilleure estime de soi et à un bien-être mental plus sain. 

Malheureusement, l’image corporelle négative est encore omniprésente dans la société. Selon Mme Stanley, « si une personne a des pensées négatives, cela provoque souvent de l’anxiété et des sentiments qui l’amènent à vouloir s’isoler ou s’éloigner des autres. » Les personnes, en particulier les femmes, peuvent éviter les rencontres sociales, avoir du mal à atteindre leurs objectifs scolaires ou professionnels et manquer de confiance en elles. Ainsi, une image corporelle négative est liée à une faible estime de soi et à une mauvaise santé mentale, ce qui peut entraîner une alimentation malsaine et des maladies physiques. 

Comment l’image corporelle influence-t-elle la santé mentale?

Le lien entre l’image corporelle et la santé mentale est fort simple : on ne se sent pas bien si on n’aime pas son corps. « L’image corporelle influence toutes les parties de notre esprit et de notre corps, il nous faut donc veiller à maintenir une bonne santé physique pour nous aider à bien fonctionner. Nous devons également nous assurer de protéger notre santé psychologique », explique Mme Stanley. Malheureusement, de nombreuses femmes pensent que leur corps reflète leur valeur. Selon une étude réalisée par Ipsos (en anglais)en 2022, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à affirmer avoir des problèmes d’image corporelle, à établir un lien entre leur propre valeur et leur poids, à être aux prises avec des sentiments de culpabilité et une faible estime d’elles-mêmes. Cela peut entraîner une dysmorphie corporelle, des troubles de l’alimentation, la dépression et l’anxiété, ainsi que des pensées suicidaires. C’est pourquoi l’image corporelle est si importante, surtout pour les femmes. 

Qu’est-ce qui influence l’image corporelle? 

L’image corporelle est influencée par la société, notre éducation et la montée en puissance des médias sociaux. Mme Stanley nous a expliqué que « les facteurs biologiques influencent notre apparence physique... [et] les facteurs psychologiques influencent la façon dont nous traitons et interprétons les messages que nous recevons en permanence. » Les facteurs interpersonnels nous obligent à réfléchir au type de personnes que nous fréquentons, notamment à notre situation familiale et à ce qui se passe à la maison. Elle nous a parlé de l’alimentation et de l’image corporelle liées aux restrictions et du fait que les gens avaient ou non « une figure parentale qui restreignait les aliments, en posant des questions du genre, est-ce que tu veux vraiment manger ça? » Mme Stanley a insisté sur le fait que « les parents doivent éviter de mettre en place ce genre de restrictions. » Cependant, les médias sociaux et les problèmes d’image corporelle pourraient être les facteurs les plus influents. 

Si les médias sociaux nous ont connectés, ils nous ont aussi déconnectés de nous-mêmes et de notre corps. Une étude menée par l’Université Simon-Fraser a montré que les Canadiennes qui utilisent beaucoup Internet ont un taux d’insatisfaction corporelle plus élevé. Selon Mme Stanley, cela pourrait être dû au fait que nous nous comparons constamment les unes aux autres. « Les gens publient des photos... [qui] ne sont qu’une image visuelle et d’autres les commentent, ce qui favorise la comparaison. » Selon elle, « même si les commentaires peuvent être bien intentionnés, ils perpétuent souvent le concept des compliments axés sur le poids. En effet, certains pensent qu’ils complimentent une personne s’ils lui disent, par exemple : Tu es superbe, as-tu perdu du poids? Est-ce que tu t’es mise à l’entraînement? » Cependant, selon Mme Stanley, cela ne fait que perpétuer le problème. « Les compliments axés sur le poids renforcent la stigmatisation selon laquelle la minceur est meilleure, en faisant croire à la personne qui reçoit le message qu’elle est plus belle quand elle est mince. » Elle nous a dit que nous devons « recentrer nos messages et laisser des commentaires qui ne sont pas liés à l’apparence de la personne. »

Comment améliorer son image corporelle et son estime de soi?

Lorsque nous avons demandé à Mme Stanley comment aider une personne ayant une image corporelle négative, elle a répondu qu’il fallait éviter les compliments axés sur le poids, « faire attention aux mots que nous utilisons et recadrer nos commentaires. » Elle nous a aussi suggéré de nous concentrer sur les éléments émotionnels et comportementaux en utilisant des énoncés positifs tels que « c’est si bon de te voir – tu as l’air heureuse! » L’objectif devrait être de supprimer les préjugés liés au poids et d’honorer la personne.

Voici d’autres moyens d’améliorer votre image corporelle et votre estime personnelle : 

  • Faites une pause des médias sociaux. 
  • Fixez-vous des objectifs de santé, comme boire plus d’eau.
  • Faites des exercices axés sur la conscience de l’ici-maintenant comme la respiration profonde. 
  • Laissez-vous des notes positives un peu partout dans la maison. 
  • Lorsque vous vous hydratez, remerciez chaque partie de votre corps. 
  • Assurez-vous de vous fixer des attentes quant à la façon dont vous voulez être traitée. 
  • Encouragez les gens à faire un pas de recul et à examiner leurs réactions émotionnelles.
  • Attardez-vous aux choses qui vous plaisent en vous et aux progrès que vous faites pour améliorer votre santé.
  • Respond to comments without using complimentary weight-ism, and respond with emotional messages because you will feel better, and someone else will feel better.

Prenez soin de votre santé mentale avec le soutien d’Espacelle

Le programme Espacelle contribue à éliminer les obstacles que rencontrent les femmes pour accéder à une thérapie, notamment le fait de ne pas savoir comment trouver un thérapeute, les longs délais d’attente, ainsi que les coûts, les inconvénients et le temps passé à se déplacer pour suivre une thérapie traditionnelle en personne. 

Essayez dès aujourd’hui un an de thérapie numérique auto-guidée gratuite.

Avis de non-responsabilité : Cet article contient des directives ou des conseils qui ne sont pas destinés à l’autodiagnostic ou au traitement. Aucun contenu ne peut se substituer aux conseils directs d’un professionnel qualifié, comme votre médecin ou un professionnel de la santé mentale. N’hésitez pas à demander l’aide d’un professionnel agréé pour les symptômes que vous ressentez.

Si vous êtes en situation de crise et avez besoin d’une aide immédiate, composez le « 911 » ou rendez-vous à la salle des urgences la plus près. Vous pouvez aussi appeler le Service canadien de prévention du suicide au 1 833 456-4566 (en tout temps). Si vous êtes résident du Québec, composez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553).

Abonnez-vous à notre bulletin

Inscrivez-vous pour obtenir des conseils, des ressources et plus encore.