L’importance de la positivité et de l’inclusivité corporelles
Apprenez-en plus sur la positivité et l’inclusivité corporelles et sur leurs répercussions sociales.

Écrit par Elise Kayfetz

Publié le juin 27, 2022
Four women of different body types (two white, one asian and one black) link arms with their backs to the camera.

Il est difficile de rester positif quand on nourrit son corps de pensées négatives. Le fait que la société considère que manger un sac de croustilles est un plaisir coupable et que la minceur est la clé pour s’intégrer n’aide pas non plus. Si vous ou l’un de vos proches ressentez les effets de ces influences sociales injustes, il se peut que vous vous jugiez chaque fois que vous mangez des croustilles ou que vous évitiez les gâteries pour ne pas vous sentir « trop gros » ensuite. Hélas, de nombreuses femmes peuvent entrer dans cette catégorie étroite et se sentir insatisfaites de leur corps. Celles-ci vivent potentiellement dans une bulle de honte qui n’éclate que lorsque quelqu’un les complimente sur leur apparence, succombant ainsi à la vision du corps idéal de la société. Malheureusement, même si ce compliment peut leur faire du bien temporairement, il ne favorise pas la positivité corporelle; il perpétue plutôt la punition corporelle.

Pour en savoir plus sur la positivité et l’inclusivité corporelles, nous nous sommes entretenus avec Karma Stanley, gestionnaire de cas et conseillère du personnel infirmier chez Thérapie Inkblot. Grâce au point de vue avisé de Mme Stanley, nous en apprendrons plus sur la positivité et l’inclusivité corporelles, notamment sur la manière dont elles se manifestent dans notre société et sur la façon d’améliorer notre positivité corporelle pour nous-mêmes et ceux qui nous entourent. 

Qu’est-ce que la positivité corporelle?

Imaginez un monde où tous peuvent retrouver une image corporelle saine et vivre en toute confiance. C’est un endroit où le modèle de la « taille unique » ne convient pas à tout le monde, et où les gens peuvent célébrer leur taille, leur forme et ce qui fait d’eux des personnes à part entière! Sans surprise, le mouvement de positivité corporelle a vu le jour dans les années 1960 et prônait le fait que tous méritent d’avoir une image corporelle positive. Nous espérons à présent que cette résurgence bienvenue du mouvement perdure. Le mouvement de positivité corporelle aide les gens à comprendre comment les influences externes, comme les médias sociaux et le milieu de travail, peuvent avoir une incidence sur la relation que nous entretenons avec notre corps. Il nous enseigne également les effets négatifs du jugement des autres fondé sur le sexe, la race, les capacités, etc. 

Selon Mme Stanley, nous devons « penser à l’accessibilité et à la disponibilité – en particulier pour les personnes qui souffrent d’obésité. » L’accessibilité peut signifier de revoir des chaises inadéquates, des manèges dans les parcs d’attractions, des uniformes de travail, etc. « Si l’on est constamment confronté à ces obstacles qui sont perçus comme honteux ou embarrassants, cela a des répercussions sur l’estime de soi, et on se sent inférieur aux autres en raison de cette constante impression de n’avoir sa place nulle part! », explique-t-elle. 

Que signifie l’inclusivité corporelle et comment est-elle représentée dans la société?

Malheureusement, la grossophobie et les stigmates corporels existent toujours dans notre société et dans le commerce de détail. Mme Stanley dit que ce phénomène est observable en milieu de travail, que « les employeurs sont moins enclins à embaucher une personne qui ne correspond pas au modèle corporel conventionnel et que la discrimination est encore légale dans certains États. » C’est l’antithèse du mouvement de positivité corporelle, et « cela signifie que ces personnes se sentent moins valorisées, surtout si des employés font encore de la discrimination fondée sur le poids. » C’est pourquoi certaines marques dépassées sont en train de perdre du terrain, en particulier celles qui résistent au changement comme Victoria’s Secret. Selon un article sur l’inclusivité corporelle réalisé par Study BreaksVictoria’s Secret préfère les retouches à l’aérographe plutôt que la représentation authentique. C’est la raison pour laquelle les clients se détournent de la marque et que ses ventes ont chuté; c’est ce qui arrive aux marques de vêtements qui ne suivent pas le mouvement, c’est-à-dire l’abandon de la grossophobie et des stigmates corporels toxiques. 

Heureusement, des marques de mode féminine et des médias sociaux, comme Instagram et TikTok, prêtent attention à la positivité et à l’inclusivité corporelles, et remodèlent la norme. Aerie est l’une de ces marques. Elle est une pionnière de la positivité corporelle dans le secteur de la vente au détail de vêtements et a été l’une des premières à cesser de retoucher ses photos. En 2018, elle a lancé sa campagne Aerie Real pour célébrer les corps de toutes les tailles, tendance qui est devenue une philosophie de marque pour l’industrie. La mode éthique a également pour mission de briser le « moule de la minceur », inspirée par le fait que 67 % des Américains sont de taille 14+. D’autres entreprises, comme Calvin Klein, ont encore du mal à suivre le mouvement de positivité corporelle, mais font des efforts concertés pour se conformer à cette nouvelle norme. 

Comment adopter et maintenir la positivité corporelle

La positivité corporelle semble être une excellente initiative, mais comment l’adopter et la maintenir? Mme Stanley affirme que nous devons cesser de commenter subtilement le poids des autres en leur faisant des compliments axés sur leur poids. Selon elle, « les compliments axés sur le poids renforcent la stigmatisation selon laquelle la minceur est meilleure, de même que le message comme quoi la personne visée par le compliment est plus belle quand elle est mince. » Selon Mme Stanley, pour mettre fin aux compliments axés sur le poids, nous devons faire attention à la façon dont nous nous parlons les uns aux autres et éviter les commentaires semblables aux suivants : 

  • « As-tu perdu du poids? »
  • « Tu as de la chance de pouvoir manger ce que tu veux. »
  • « Tu t’es sûrement gâté aujourd’hui. »
  • « Est-ce que j’ai l’air gros? »

Elle dit que nous devons plutôt nous concentrer sur des discours émotionnels et comportementaux qui nous encouragent à « aimer notre corps et à en prendre soin, et à pratiquer l’autocompassion. » En outre, elle souhaite que nous « mangions pour le plaisir, que nous vivions le moment présent et que nous savourions réellement le goût des aliments que nous aimons. » Pour ce faire, Mme Stanley affirme que nous devons « miser sur la santé à toutes les tailles, un nouveau sujet de recherche qui met davantage l’accent sur la santé et non sur un chiffre (c’est-à-dire le poids). » Selon elle, la santé à tous les poids nous encourage à faire ce qui suit :

  • Faire de l’exercice physique pour le plaisir
  • Manger lorsque nous avons faim
  • Arrêter de manger lorsque nous sommes rassasiés

L’adoption d’un mode de vie actif de manière positive est un autre élément de recherche important pour la santé à toutes les tailles. Comme le dit Mme Stanley, nous devons « faire de l’exercice et bouger pour le plaisir, même si nous ne faisons que de simples flexions du pied. » Elle nous encourage également à « pratiquer les mouvements qui nous font du bien! Si l’on veut s’étirer sur le canapé une journée et, le lendemain, aller s’entraîner ou suivre un cours au centre d’entraînement, alors on le fait – cela signifie que l’on est à l’écoute des besoins de son corps et, surtout, de ce qui lui procure du bien-être! »

Il en va de même pour ce que nous mangeons. Mme Stanley laisse entendre que nous devons cesser de nous reprocher de manger les aliments qui nous rendent heureux ou qui nous aident à nous détendre, comme un morceau de gâteau d’anniversaire ou, dans le cas de l’une de ses clientes, un sac de croustilles en entier. La cliente de Mme Stanley lui a confié qu’elle ne pouvait pas manger des croustilles sans vider le sac au complet, ce qui la fait souvent culpabiliser. « Plutôt que de réagir négativement face à ce comportement, nous pourrions nous demander ce que la cliente aime des croustilles. Peut-être que son comportement n’est pas causé par le goût des croustilles lui-même, mais que c’est la façon dont son corps lui indique qu’il a besoin d’une pause – peut-être qu’elle aime entendre le son des croustilles sous la dent et que cela la calme. » 

Le fait de transformer notre discours négatif en un message plus positif peut vraiment changer ce que nous ressentons à l’intérieur. Cette évolution nous incitera également à faire plus attention aux propos que nous tenons aux autres et à éviter ce que Mme Stanley appelle les compliments axés sur le poids. Enfin, nous n’avons pas besoin des normes de l’industrie pour nous dire quelle est la meilleure taille pour nous – nous devons simplement être la meilleure version de nous-mêmes et de ce que nous voulons être. 

Trouvez le soutien qui vous convient grâce à Espacelle.

Le programme Espacelle contribue à éliminer les obstacles que rencontrent les femmes pour accéder à une thérapie, notamment le fait de ne pas savoir comment trouver un thérapeute, les longs délais d’attente, ainsi que les coûts, les inconvénients et le temps passé à se déplacer pour suivre une thérapie traditionnelle en personne. 

Essayez dès aujourd’hui un an de thérapie numérique auto-guidée gratuite.

Avis de non-responsabilité : Cet article contient des directives ou des conseils qui ne sont pas destinés à l’autodiagnostic ou au traitement. Aucun contenu ne peut se substituer aux conseils directs d’un professionnel qualifié, comme votre médecin ou un professionnel de la santé mentale. N’hésitez pas à demander l’aide d’un professionnel agréé pour les symptômes que vous ressentez.

Si vous êtes en situation de crise et avez besoin d’une aide immédiate, composez le « 911 » ou rendez-vous à la salle des urgences la plus près. Vous pouvez aussi appeler le Service canadien de prévention du suicide au 1 833 456-4566 (en tout temps). Si vous êtes résident du Québec, composez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553).

Abonnez-vous à notre bulletin

Inscrivez-vous pour obtenir des conseils, des ressources et plus encore.