Savoir reconnaître les signes d’une consommation problématique de substances psychoactives
L’utilisation de substances peut être agréable, mais elle devient parfois problématique. Sachez reconnaître la dépendance chez l’un de vos proches ou vous-même.

Écrit par Espacelle

Publié le novembre 22, 2022
A Black woman sits on the couch looking concerned and stressed out.

Durant la pandémie, la consommation de substances psychoactives a augmenté. En effet, selon une enquête de l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM), les surdoses d’opioïdes ont été plus nombreuses et 25,7 % des Canadiennes et des Canadiens ont déclaré avoir connu des épisodes hebdomadaires de consommation excessive d’alcool. Certaines de ces substances psychoactives sont plus stigmatisées que d’autres, et certaines semblent plus dangereuses à première vue. Par exemple, 70 % des décès attribuables à la consommation de drogues dans le monde sont liés à la consommation d’opioïdes.

Mais même si vous consommez une substance psychoactive comme l’alcool, qui est plus acceptable socialement pour les autres, cela ne veut pas dire que votre habitude ne nuit pas à votre vie. « Il arrive souvent qu’une personne ne voie pas sa consommation comme problématique, en particulier pour l’alcool », explique la thérapeute Kiren Sandhu. « Puisque nous grandissons en voyant les autres le faire, et que nous pensons que c’est une habitude sociale, nous croyons que c’est acceptable. »

Nous entretenons bien d’autres malentendus comme celui-ci sur le concept de dépendance. « Nous avons tendance à supposer qu’une personne a le contrôle et qu’elle choisit de le faire », explique Mme Sandhu. « Nous ne sommes donc peut-être pas très empathiques ou compréhensifs. » Malgré nos idées préconçues sur la consommation de substances psychoactives, la réalité est que lorsqu’une personne fait face à des difficultés, elle n’a presque jamais le contrôle. Or, il existe de l’aide.

Signes que votre consommation de substances psychoactives est problématique

Comme l’a suggéré Mme Sandhu, la consommation de substances psychoactives est tellement ancrée dans nos vies sociales qu’il n’est pas toujours facile de savoir quand elle devient problématique. Vous trouverez ci-dessous quelques signes indiquant que votre consommation, ou celle d’un proche, devient problématique.

Ce n’est pas un choix : « L’un des signes qu’une personne est aux prises avec une dépendance est qu’elle ne peut pas s’arrêter », explique Mme Sandhu. Même si la consommation de substances psychoactives a commencé comme un mécanisme d’adaptation – un verre ou deux après une journée stressante au travail –, si vous ne pouvez plus terminer la journée sans boire, il est temps de faire une pause. « Le problème, c’est que ce n’est pas une stratégie d’adaptation positive », rétorque Mme Sandhu. « C’est signe d’une mésadaptation. »

Augmentation de la consommation : Si vous ne pouvez pas contrôler votre consommation, la fréquence d’utilisation augmentera inévitablement. « La fréquence augmente parce que notre tolérance augmente », explique Mme Sandhu. Lorsque les quelques fois par semaine deviennent quotidiennes, ou lorsque vous ne pouvez pas commencer votre journée sans votre substance de prédilection, c’est signe que votre consommation est devenue problématique.

Répercussions importantes sur votre vie : Lorsque la consommation de substances psychoactives va trop loin, les conséquences se répercutent sur toutes les facettes de votre vie. « Peut-être avez-vous commencé par une boisson sociale au dîner ou en soirée, mais maintenant vous vous absentez du travail. Cela commence à avoir une incidence sur vos relations, vous commencez à vous retirer ou à vous isoler de vos proches, vous perdez votre emploi… » Lorsque la consommation commence à s’étendre à tous les autres aspects de votre vie, c’est le signe qu’il y a un problème.

Quatre conseils pour faire face à une consommation problématique de substances psychoactives

La première chose à noter est qu’il s’agit d’un enjeu très courant et que vous ou votre proche n’êtes pas seuls dans cette situation. « Certains croient que “personne d’autre ne vit cela”, mais nous devons normaliser le fait d’en parler parce que je pense que les gens se sentent isolés », affirme Mme Sandhu. Vous trouverez ci-dessous quatre mesures à prendre pour commencer à travailler sur votre relation avec les substances psychoactives.

1. Prendre conscience et reconnaître le problème

Le simple fait de reconnaître que vous avez un problème qui nécessite de l’aide est un premier pas très important. « Reconnaître que c’est problématique n’est pas anodin, et c’est un excellent point de départ », selon Mme Sandhu. Même si vous n’êtes pas encore prêt à changer votre comportement, la prise de conscience fera une énorme différence dans votre vie. « Il faut comprendre que cela ne reflète pas qui vous êtes et ne fait pas de vous une mauvaise personne. Il s’agit simplement de se dire “ça ne va pas”. »

2. Définir ses valeurs

Le fait de définir vos valeurs et ce qui est important pour vous peut être un excellent moyen de constater à quel point votre consommation de substances psychoactives peut être un obstacle à la vie que vous voulez mener. « J’aime demander aux gens quelles sont leurs valeurs et en quoi la consommation de substances psychoactives les aide à vivre une vie basée sur ces valeurs », explique Mme Sandhu. Si votre carrière et vos relations sont importantes pour vous, mais que votre consommation affecte ces aspects de votre vie, il est clair qu’elle ne vous aide pas à vivre au mieux.

3. Chercher du soutien

Les substances psychoactives créent une forte dépendance, et il n’est pas toujours d’arrêter de fumer ou de réduire sa consommation par soi-même. Il existe de nombreux modèles de soutien, comme les Alcooliques Anonymes, les Narcotiques Anonymesla psychothérapie ou le traitement dans un centre de réadaptation. Il n’y a pas de honte à demander de l’aide.

4. Amorcer le cheminement

Si vous avez reconnu que votre consommation de substances psychoactives est devenue problématique, vous pouvez commencer à travailler à une relation plus saine avec ces substances. Les grands changements de mode de vie demandent toujours un certain temps d’adaptation, alors commencez par de petits pas. Demandez-vous pour quelles raisons vous consommez cette substance. Quel sentiment recherchez-vous? « Que pouvez-vous faire d’autre dans votre vie pour ressentir le même niveau de joie? » demande Mme Sandhu. « Commencez à remplacer la consommation de substances psychoactives en acquérant de nouvelles capacités d’adaptation et voyez ce que ça donne. »

Gardez l’esprit ouvert pendant ce processus, puisque vous ne connaissez peut-être même pas la raison pour laquelle vous consommez des substances psychoactives en premier lieu. Adopter une approche de pleine conscience de votre consommation est un excellent moyen de ralentir. À partir de là, apportez de petits changements : réduisez votre consommation, demandez de l’aide… Et n’oubliez pas que vous n’êtes pas seul.

Avis de non-responsabilité : Cet article contient des directives ou des conseils qui ne sont pas destinés à l’autodiagnostic ou au traitement. Aucun contenu ne peut se substituer aux conseils directs d’un professionnel qualifié, comme votre médecin ou un professionnel de la santé mentale. N’hésitez pas à demander l’aide d’un professionnel agréé pour les symptômes que vous ressentez.

Si vous êtes en situation de crise et avez besoin d’une aide immédiate, composez le « 911 » ou rendez-vous à la salle des urgences la plus près. Vous pouvez aussi appeler le Service canadien de prévention du suicide au 1 833 456-4566 (en tout temps). Si vous êtes résident du Québec, composez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553).

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