Comprendre la dépression post-partum et trouver du soutien
Apprenez-en plus sur les différents types de dépression post-partum, les signes, symptômes, causes et facteurs de risque, diagnostic et options de traitement.

Écrit par Mackenzie Patterson

Publié le octobre 26, 2022
A woman holds her baby alone while is cries.

La naissance d’un nouvel être humain est l’un des miracles de la vie, mais pour plusieurs, ce qui devrait être un moment de joie et de bonheur est au contraire marqué par les symptômes de la dépression post-partum (DPP).    

À ne pas confondre avec le syndrome du troisième jour, qui se manifeste généralement quelques heures ou quelques jours après l’accouchement, la DPP est un problème de santé mentale plus grave. Dans cet article, nous explorerons les signes et les symptômes de ce problème, les différents types de DPP, ainsi que ses causes et ses facteurs de risque.

Qu’est-ce que la dépression post-partum? 

La DPP est une forme de dépression que les femmes peuvent connaître dans l’année qui suit l’accouchement. Il s’agit d’un grave problème de santé mentale qui peut durer des semaines ou des mois, voire évoluer vers une dépression chronique. Les signes et les symptômes de la DPP sont plus intenses que ceux du syndrome du troisième jour et ils peuvent durer beaucoup plus longtemps.

On estime que de 10 à 20 % des nouvelles mères connaissent une forme de DPP au cours de la première année suivant leur accouchement, soit une sur sept. Dans de nombreux cas, la DPP est simplement une complication de l’accouchement, et elle peut se traiter par une psychothérapie, un meilleur soutien social, des médicaments et d’autres méthodes.

Il est important de noter que la DPP affecte de manière disproportionnée différentes ethnies, et qu’elle touche plus fréquemment les personnes autochtones, noires et de couleur. Un examen systématique de la prévalence de la DPP publié en 2021 dans le journal Translational Psychiatry a révélé que les pays développés ou les régions où les résidents ont un revenu plus élevé présentaient des taux de DPP nettement inférieurs, tandis que des régions comme l’Afrique du Sud, l’Asie du Sud et l’Amérique du Sud présentaient les taux les plus élevés.

Une autre étude indique que les pays d’Asie pourraient avoir des taux de DPP beaucoup plus élevés : jusqu’à 65 % chez les nouvelles mamans. De plus, la DPP ne touche pas seulement les femmes, puisque 10 % des nouveaux papas peuvent aussi en souffrir. 

Types de dépression post-partum 

La DPP peut être utilisée comme un terme générique pour un certain nombre d’autres problèmes de santé mentale qui entrent dans la même catégorie. Par exemple, parmi les certains sous-groupes de DPP, on compte : 

  • l’anxiété post-partum;
  • le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) post-partum;
  • le trouble de stress post-traumatique (TSPT) post-partum;
  • le trouble panique post-partum; 
  • la psychose périodique.

Ces sous-groupes de la DPP se manifestent plus rarement chez les nouvelles mères, mais ils peuvent tous être extrêmement pénibles pour toute la famille s’ils ne sont pas traités. La psychose périodique est la forme la plus rare de la DPP et la plus grave, car elle peut entraîner des hallucinations, un manque de jugement et des idées délirantes.

À quel moment la dépression post-partum survient-elle? 

La DPP peut se développer à tout moment au cours de la première année qui suit l’accouchement, mais elle se manifeste le plus souvent au cours des premiers jours ou des premières semaines qui suivent l’accouchement. Même si la DPP diffère du syndrome du troisième jour, qui touche de 70 à 80 % des nouvelles mamans, il est parfois difficile de faire la distinction entre les deux.

Signes et symptômes

La DPP peut se manifester par une gamme de symptômes différents qui sont typiques d’un épisode dépressif ordinaire qu’une femme peut connaître à tout moment de sa vie. La seule différence entre un épisode dépressif et la DPP est que cette dernière survient après l’accouchement, alors qu’un épisode dépressif peut survenir à tout moment.

Voici quelques-uns des symptômes les plus courants de la DPP à surveiller dans les semaines qui suivent la naissance de votre bébé : 

  • l’anhédonie (incapacité à ressentir du plaisir);
  • une humeur dépressive ou une dépression avec anxiété;
  • des sentiments excessifs de culpabilité ou de dévalorisation;
  • des pensées récurrentes de mort ou de suicide;
  • des troubles du sommeil et de la fatigue;
  • une diminution de la concentration ou une incapacité à penser clairement (aggravée par le manque de sommeil);
  • des changements de poids ou d’appétit, qui peuvent se traduire par une prise ou une perte de poids.

Si vous avez l’impression de ne pas pouvoir faire face à vos symptômes ou que ceux-ci nuisent à votre capacité à vous occuper de votre bébé, il est important de chercher un traitement dès que possible.

Causes et facteurs de risque

La DPP survient-elle au hasard ou existe-t-il certains facteurs qui augmentent le risque d’en souffrir après l’accouchement? La réponse courte est « oui ». Les deux scénarios peuvent se réaliser. 

La DPP peut toucher n’importe quelle nouvelle maman, mais de nombreux facteurs peuvent augmenter votre risque d’en souffrir, comme les suivants :

  • des antécédents de dépression, chez vous ou dans votre famille;
  • un trouble bipolaire;
  • des événements stressants de la vie;
  • donner naissance à plusieurs bébés en même temps (p. ex. des jumeaux ou des triplés);
  • des problèmes financiers;
  • une grossesse non désirée ou non planifiée.

Outre ces facteurs de risque, la DPP est généralement causée par des changements hormonaux spectaculaires dans l’organisme d’une femme après un accouchement, notamment la baisse du niveau d’œstrogènes. D’autres problèmes émotionnels découlant du changement de vie très important que représente la naissance d’un enfant, comme une image corporelle changeante, un sentiment d’accablement ou une perte de contrôle, peuvent aussi entraîner une DPP.

Diagnostic et traitement

La DPP peut être terrifiante et douloureuse, et elle peut vous isoler. Mais vous n’êtes jamais seule. Il est important de chercher du soutien et l’avis d’un expert si vous avez l’impression de souffrir d’une DPP.

Un médecin peut vous aider à diagnostiquer votre état et vous recommander des options de traitement, par exemple :

  • des médicaments;
  • une psychothérapie;
  • des changements de mode de vie.

L’essentiel : La DPP est un défi majeur pour de nombreuses femmes, mais vous n’êtes jamais seule. Il existe des traitements qui peuvent vous aider à surmonter la DPP et à retrouver votre vie. Trouvez les soins qui vous conviennent avec l’aide d’Espacelle.

Avis de non-responsabilité : Cet article contient des directives ou des conseils qui ne sont pas destinés à l’autodiagnostic ou au traitement. Aucun contenu ne peut se substituer aux conseils directs d’un professionnel qualifié, comme votre médecin ou un professionnel de la santé mentale. N’hésitez pas à demander l’aide d’un professionnel agréé pour les symptômes que vous ressentez.

Si vous êtes en situation de crise et avez besoin d’une aide immédiate, composez le « 911 » ou rendez-vous à la salle des urgences la plus près. Vous pouvez aussi appeler le Service canadien de prévention du suicide au 1 833 456-4566 (en tout temps). Si vous êtes résident du Québec, composez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553).

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