Comment demander à votre gestionnaire de travailler à domicile indéfiniment
Découvrez des conseils pour demander à votre patron de travailler à distance dans une réalité post-covide où les modèles de travail hybrides sont la nouvelle norme.

Écrit par Zoe Daniels

Publié le février 28, 2022
Hands typing on a laptop

N’importe quel employé de bureau peut vous énumérer les avantages de travailler à domicile : horaires flexibles, pas de transport, porter un pantalon de jogging aux réunions importantes. En outre, les distractions sont moins nombreuses, même pour les parents d’enfants plus âgés, indique Fran Sardone, accompagnatrice en gestion de carrière d’Inkblot. « Vous pouvez exiger de vos enfants qu’ils suivent certaines règles. Alors qu’avec vos collègues, c’est plus difficile! »

Si, pendant la pandémie, vous avez travaillé à domicile et que vous souhaitez continuer, mais que votre entreprise n’a pas encore évoqué son plan pour l’après-COVID, Sardone vous conseille de prendre l’initiative en envoyant un courriel bref ou en proposant une réunion. Voici comment vous préparer :

Pensez aux inconvénients du point de vue de votre gestionnaire

La première chose à faire est de prouver que votre travail a été à la hauteur (ou s’est amélioré) depuis que vous travaillez à domicile. « La productivité. Voilà le sujet que votre gestionnaire va aborder, mais ce n’est pas la seule raison qu’il va avancer. » 

Dans la plupart des entreprises, les chefs d’équipe ont une certaine souplesse pour diriger leurs équipes dans la réalisation des tâches. Si vous faites bien votre travail et que votre gestionnaire a la possibilité d’approuver votre demande de travail à domicile mais ne le fait pas, demandez-lui quelles sont ses réticences. Sardone avance quelques raisons qui pourraient expliquer pourquoi un gestionnaire (plutôt qu’une entreprise dans son ensemble) préfère avoir ses employés au bureau : « Certaines personnes ont l’habitude de diriger, d’être en charge », indique Sardone. Même si vous, en tant qu’employé, trouvez que la messagerie ou les courriels sont des moyens efficaces de communiquer avec vos collègues, votre gestionnaire peut préférer vous avoir au bureau « car cela signifie qu’il peut venir vous parler directement ». 

Pendant la pandémie, les employés ont travaillé avec plus d’autonomie que ne le permet habituellement une structure de bureau hiérarchisée classique. Les gestionnaires qui ne maîtrisent pas bien les technologies sont peut-être impatients de retourner à un environnement de travail où ils sont plus à l’aise. « Si, pendant un appel vidéo, le gestionnaire n’est pas capable de régler un problème technique », indique Sardone, il peut perdre de la crédibilité aux yeux de ses subalternes directs et de la pertinence aux yeux de ses employeurs. 

Apprenez-en plus pour ce que les employés doivent savoir sur le modèle de travail hybride.

Mettez l’accent sur la continuité

Le changement fait peur, alors que le statu quo est rassurant. « Contrairement à un sous-traitant, en tant qu’employé, vous profitez d’avantages et en contrepartie, votre employeur décide de votre lieu de travail », ajout Sardone. N’oubliez pas que vous demandez, vous n’exigez pas. Utilisez le précédent créé par la COVID-19 pour présenter le travail à domicile comme la continuité d’un processus déjà en place et non un changement. La « nouvelle normalité » n’est plus si nouvelle que cela. Si vous vous heurtez à un refus, faites preuve de souplesse et de curiosité. Sardone précise que vous pouvez toujours demander : « Quelle décision commerciale motive un retour au bureau? » Selon la réponse, vous pourriez trouver des arguments pour continuer à travailler à domicile trois jours par semaine, au lieu de cinq.

Trouvez des avantages collectifs

Plutôt que de vous concentrer sur les raisons qui font que vous voulez travailler à domicile, élargissez le cercle des personnes qui pourraient en bénéficier. Des réunions enregistrées signifient qu’un représentant commercial qui est occupé avec un client peut voir la réunion plus tard et que personne n’a besoin de prendre de notes. Les réunions en ligne permettent aussi aux introvertis d’intervenir et de poser des questions dans le clavardage en temps réel sans avoir à interrompre la réunion. Demandez à vos collègues quels avantages ils ont retiré du travail à domicile.

Sardone indique que la « pollinisation croisée des idées », ou la collaboration avec vos collègues ou d’autres équipes est un autre argument avancé par les employeurs pour exiger la présence physique de leurs employés au bureau. Ainsi, si vous établissez un consensus avec vos collègues, cela peut venir appuyer votre demande. « Si la moitié de votre équipe de vingt personnes souhaite travailler à domicile et qu’ils sont forcés de travailler au bureau, ils seront mécontents », ajoute Sardone. Et ils en parleront entre eux. « Empêcher les gens de travailler à domicile sans de bonnes raisons commerciales pourrait avoir des conséquences sur le maintien des effectifs. »

Si la réponse est toujours « non » 

Même avec des arguments convaincants, un gestionnaire compréhensif et des collègues de votre côté, un employeur peut refuser votre demande. Si, pour vous, le travail à domicile est devenu essentiel, c’est le moment de chercher un nouvel emploi. Si vous êtes dans une position où tout le monde veut vous engager, vous pouvez très bien aborder votre désir de travailler à domicile lors de l’entrevue d’emploi, mais si vous n’êtes pas dans cette position, Sardone suggère de donner au recruteur l’opportunité d’évoquer ce sujet en posant une question, comme : « Quel est l’environnement de travail que vous proposez? ». Et si vous décrochez un nouveau poste, rappelez-vous que le travail à domicile n’est pas tout ou rien. Au début, « vous pourriez accepter de travailler dans les bureaux pendant quelques semaines ou même quelques mois », ajoute Sardone. Ou bien, vous pourriez être plus à l’aise chez vous.

Apprenez-en plus pour gérer l'anxiété du retour au bureau.

Avis de non-responsabilité : Cet article contient des directives ou des conseils qui ne sont pas destinés à l’autodiagnostic ou au traitement. Aucun contenu ne peut se substituer aux conseils directs d’un professionnel qualifié, comme votre médecin ou un professionnel de la santé mentale. N’hésitez pas à demander l’aide d’un professionnel agréé pour les symptômes que vous ressentez.

Si vous êtes en situation de crise et avez besoin d’une aide immédiate, composez le « 911 » ou rendez-vous à la salle des urgences la plus près. Vous pouvez aussi appeler le Service canadien de prévention du suicide au 1 833 456-4566 (en tout temps). Si vous êtes résident du Québec, composez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553).

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