La gestion de l’anxiété du retour au bureau
Conseils d'experts aux employés et aux dirigeants pour gérer l'anxiété au travail 

Écrit par Espacelle

Publié le février 28, 2022
A woman sits in front of a laptop while rubbing her eyes

Alors qu’une plus grande partie de la population se fait vacciner et que les infections de COVID-19 diminuent, de nombreux employeurs annoncent qu’ils prévoient de ramener leur personnel au bureau. Il s’agit d’une opération de grande envergure qui implique la mise en place de protocoles de sécurité, la prise de décision quant à l’adoption d’un modèle de travail hybride et même l’achat de nouveaux espaces de bureau.

« Les humains sont des créatures routinières. À l’origine, la transition vers le travail à la maison a été accablante et anxiogène, et il a été difficile de s’y adapter. Cela fait maintenant un an et c’est notre nouvelle réalité », explique-t-elle.

« L’anticipation négative, c’est-à-dire le fait d’anticiper tous les aspects difficiles de cette transition (ce que l’être humain fait très bien) peut provoquer des sentiments d’inquiétude et d’anxiété chez les employés », dit la Dre Toledano. Heureusement, nous pouvons faire quelque chose pour y faire face.

Conseils d'experts aux employés et aux dirigeants pour gérer l'anxiété au travail 

Nous avons discuté avec la Dre Toledano au sujet de la façon dont les employés peuvent prendre soin de leur santé mentale et de leur bien-être dans le cadre de ce changement, en plus de la façon dont les employeurs peuvent mieux soutenir leur personnel.

Conseils pour les employés : 

Portez attention aux aspects positifs

Selon la Dre Toledano, une grande partie du stress et de l’anxiété ressentie lors du retour au bureau pourrait être le résultat de l’anticipation négative. Les transitions sont difficiles, particulièrement parce que le travail de la maison est devenu la nouvelle réalité. « Notre cerveau préfère généralement se concentrer sur les aspects négatifs du changement, plutôt que sur les avantages qu’il comporte », explique la Dre Toledano. Cependant, noter par écrit les aspects positifs du retour au travail pourrait aider à atténuer l’inconfort. Ce qui aide vraiment, c’est de se dire « OK, je peux voir immédiatement tous les aspects négatifs, mais je vais m’asseoir et noter tous les avantages que cela pourrait comporter ». Il pourrait s’agir d’avoir la possibilité de voir vos anciens collègues en personne, d’aller manger avec vos collègues après le travail et même de profiter de plus grandes structures de travail en dehors de votre espace. Vous concentrer sur les aspects positifs du retour au bureau peut vous aider à améliorer votre tolérance aux aspects plus difficiles de ce grand changement.

Faites preuve de patience et de tolérance envers les autres

Pour dire les choses franchement, ce changement est difficile pour tout le monde. Personne, même votre patron, ne sait exactement comment retourner au bureau pendant le déclin d’une pandémie. Alors, faites preuve de patience envers votre employeur et envers vous-mêmes. « Les employeurs font également face à leurs propres difficultés. En comprenant et en acceptant cela, nous aurons plus de tolérance envers nous-mêmes et envers notre employeur. Nous aurons plus d’empathie », explique la Dre Toledano. De plus, la Dre Toledano encourage les employés à croire en leur capacité de gérer cette période d’incertitude : « Nous avons déjà constaté à quel point nous sommes doués pour nous adapter à notre lieu de travail, lorsque nous avons tous déplacé nos bureaux à la maison. Quoiqu’il arrive, que ce soit un retour au travail hybride ou un retour à temps plein au bureau, ou même un autre confinement, vous pouvez faire confiance à votre capacité d’adaptation et votre résilience au changement. »

Partagez vos préoccupations et vos limites

Il est tout à fait normal d’avoir des inquiétudes concernant votre retour au bureau. Vous avez peut-être des inquiétudes entourant la sécurité, comme vous demander si la distanciation physique sera appliquée, les arrangements pour la garde d’enfants, ou vous ressentez simplement que votre énergie diminue en raison de l’augmentation du temps de déplacement et de l’épuisement pandémique. Selon votre niveau de confort, explique la Dre Toledano, essayez de partager ces préoccupations avec votre employeur avant de retourner au bureau ou pendant votre retour, afin qu’il puisse vous aider à faire les ajustements nécessaires.

Respectez votre corps et votre esprit

Finalement, respectez votre corps et votre esprit. « Même si nous retournons au bureau, nous vivons toujours une pandémie », explique la Dre Toledano. « Certaines personnes ont encore de la difficulté. La crise de la santé mentale n’a pas diminué. » En plus de faire appel au PAE de votre entreprise pour obtenir du soutien en santé mentale, la Dre Toledano insiste sur la nécessité d’écouter vos signaux internes. « Si vous avez une journée difficile et que vous êtes moins productifs, essayez de terminer un peu plus tôt. Respectez votre corps, respectez votre esprit, et n’ignorez pas ces signes en repoussant vos limites jusqu’à ce vous n’en puissiez plus. »

Apprenez-en plus pour ce que les employés doivent savoir sur le modèle de travail hybride..

CONSEILS POUR LES EMPLOYEURS : 

Faites preuve de tolérance et de souplesse

Il est essentiel de faire preuve de patience envers les employés alors qu’ils reviennent au bureau et de la souplesse nécessaire pour vous ajuster à leurs besoins et les soutenir pendant cette transition, explique la Dre Toledano. « Nous ne pouvons pas tomber dans l’illusion et croire que le retour au bureau signifie le retour à la normale […] Les gens sont épuisés sur le plan émotionnel et physique. Ajoutez à ça la lassitude pandémique, l’anxiété et l’anticipation négative à l’égard de l’inconnu et vous obtenez la recette d’un désastre en matière de santé mentale. »

Pour démontrer votre soutien à vos employés, permettez une variation initiale de la productivité, essayez de nouveaux modèles de travail hybrides attrayants pour ceux qui ont des difficultés et offrez des ajustements et des ressources de soutien à ceux qui en ont besoin.

Communiquez ouvertement

Vous pouvez réduire l’anxiété liée à l’incertitude en communiquant clairement à vos employés les détails concernant leur retour au lieu de travail. Expliquez-leur le modèle de travail que vous adoptez, la manière dont les protocoles de sécurité seront respectés et ce que vous ferez en cas de nouveau confinement. Pour ce qui est de la santé mentale, dites à vos employés qu’ils peuvent communiquer toute préoccupation avec vous. « Il est essentiel d’avoir une communication ouverte et de faire en sorte que vos employés se sentent en sécurité s’ils vivent des moments difficiles », explique la Dre Toledano. « Dites-leur qu’ils peuvent vous consulter pour que vous trouviez une solution ensemble sans avoir peur d’être réprimandés ou jugés négativement. »

Instaurez une culture d’ouverture en matière de santé mentale

Dans cette culture d’hyperproductivité, explique la Dre Toledano, instaurer une culture de soutien en matière de santé mentale, ce n’est pas simplement avoir un PAE ou d’autres ressources en santé mentale à portée de main. Si vous accordez vraiment de l’importance au bien-être de vos employés, vous devrez adopter pleinement ce qu’est une culture de soutien mental.

Pour ce faire, il faut que les gestionnaires montrent l’exemple en discutant ouvertement de leurs difficultés en matière de santé mentale avec leurs employés. « Je crois que ce qui est vraiment utile, c’est lorsqu’un gestionnaire ou un patron est capable de partager ses propres difficultés. Cela démontre qu’ils sont humains, eux aussi, et qu’ils font également face à des difficultés. Cela permet à l’employé de sentir qu’il ne sera pas jugé négativement s’il s’ouvre au sujet de ses difficultés et permet de créer un espace sûr pour partager. »

Plus important encore, il s’agit de trouver un équilibre entre les attentes de l’entreprise et la santé mentale des employés. « La culture d’une entreprise a un énorme impact sur le bonheur et le bien-être des employés », explique-t-elle. « C’est-à-dire le fait que vous vous sentiez autorisé à être un humain faillible et à avoir des journées plus lentes et moins productives dans votre milieu de travail. Si cette pression concernant la productivité n’est pas diminuée et si vous ne vous occupez pas des pressions internes, c’est comme faire de l’exercice, mais continuer de consommer des aliments malsains. »

Apprenez-en plus pour comment fixer des limites au travail et à la maison.

Avis de non-responsabilité : Cet article contient des directives ou des conseils qui ne sont pas destinés à l’autodiagnostic ou au traitement. Aucun contenu ne peut se substituer aux conseils directs d’un professionnel qualifié, comme votre médecin ou un professionnel de la santé mentale. N’hésitez pas à demander l’aide d’un professionnel agréé pour les symptômes que vous ressentez.

Si vous êtes en situation de crise et avez besoin d’une aide immédiate, composez le « 911 » ou rendez-vous à la salle des urgences la plus près. Vous pouvez aussi appeler le Service canadien de prévention du suicide au 1 833 456-4566 (en tout temps). Si vous êtes résident du Québec, composez le 1 866 APPELLE (1 866 277-3553).

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